GENDARME LUNEAU

Sur les traces de son père victime de la rafle de Loches

 Devant la plaque commémorative dans l'école Vigny, Bernard Luneau tient le portait de son père mort pour la France, décédé en déportation après la rafle du 27 juillet 1944. Bernard Luneau est le fils du gendarme Luneau, arrêté puis déporté après la rafle du 27 juillet 1944.

70 ans après, il est sur les traces de son père. Bernard Luneau avait 2 ans, ce 27 juillet 1944, quand Allemands et miliciens français ont arrêté plus de 200 personnes, à leur domicile et dans les rues de Loches. Son père, le gendarme Aimé Maurice Luneau faisait partie des prisonniers.

Affecté à la brigade de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), il avait obéi aux ordres de ses supérieurs pour rejoindre, avec son unité, le siège de la compagnie, à Loches. « Mon père a été affecté en 1941 à Saint-Aignan. Sa brigade comptait neuf hommes, puis a été réduite à trois, les autres étant partis en renfort à Vichy, raconte Bernard Luneau.

Les Allemands ont forcé les autorités françaises à regrouper les gendarmes à Loches ». Plus d'un mois après le débarquement du 6 juin 1944, les Français renouent avec l'espoir d'une victoire. Une colonne allemande va subir les attaques des maquisards.

En guise de représailles, trente-six gendarmes sont arrêtés et faits prisonniers dans la cour de l'école des filles (actuelle école Alfred-de-Vigny).

Le sous-officier Luneau est amené à la prison de Tours. Le 9 octobre, il est transféré au Fort Hatry à Belfort. Puis c'est la déportation au camp Neuengamme près de Hambourg. Il y décède en janvier 1945. Des 64 personnes, dont six femmes, déportées après cette rafle, 48 trouveront la mort dans les camps nazis.

Bernard Luneau a 72 ans, ce 26 juillet 2014. Il est présent à la commémoration de la rafle qui se déroule ce samedi matin dans la cour de l'école, lieu du regroupement des prisonniers. Entre ses mains, il tient un fac-similé du document retraçant l'histoire de son père, remis par le commandant Santouil, chef d'escadron de la compagnie de Loches. Gendarme et résistant Il est venu spécialement de Vendée pour cette cérémonie.

« Toute ma vie, j'ai vu le portait de mon père à la maison. Jamais nous n'en parlions à ma mère pour ne pas lui faire de peine. Son souvenir est présent », raconte-t-il. Bernard Luneau est en train d'effectuer un travail de collecte d'information sur cette sombre période pour écrire un livre. « Mon père était un résistant. Il était proche de la retraite. Il était né en 1896, et avait fait la Première Guerre mondiale ». Au moment de la rafle, sa mère attendait un sixième enfant. « Nous avons bien été aidés par la gendarmerie, on s'en est tous sortis », dit-il avec le recul. La gendarmerie s'est souvenu des siens. La caserne du groupement du Loir-et-Cher, à Blois, porte le nom du gendarme Luneau depuis 1979 (  texte source la nouvelle republique )

 

  

                                                                                      Gendarme saint aignan