Georges Boos

Georges René Boos, SS mosellan condamné à mort en 1953 pour sa participation au massacre d’Oradour-sur-Glane, est décédé en Allemagne... il y a plus d’un an !

L’enquête menée dès 1944 a montré que le sergent SS Boos a activement participé au massacre, notamment en achevant au pistolet les blessés mitraillés dans le garage Desourteaux et la remise Beaulieu. Il aurait également abattu deux femmes fuyant leur maison en feu et menacé un jeune incorporé de force alsacien qui lui demandait s’il était vraiment obligé d’agir ainsi... 

Condamné à mort

Georges Boos, infirmier militaire, sera chargé de transporter à Limoges l’artificier SS Gnug, blessé lors de l’explosion de l’église. Il participera au « maquillage » du massacre le 11 juin 1944 et rejoindra ensuite le front normand avec la division « Das Reich ».

Seul condamné à mort lors du procès de Bordeaux en 1953, avec l’adjudant allemand Lentz, il était le seul Alsacien-Lorrain engagé volontaire dans la SS à comparaître. La condamnation à mort avait été très rapidement commuée en peine de prison. Libéré en 1959, il ira s’installer en Allemagne, près de la frontière française.

L’an passé au mois de février, le journaliste Régis Le Sommier publiait une interview de l’ex-sergent SS Boos dans Paris-Match. « On le croyait décédé, il n’en est rien », soulignait à l’époque le journaliste. 

 

« Je n’ai aucun regret », assurait alors Georges Boos, ajoutant avoir « fait beaucoup, moi, pour l’entente franco-allemande. Vous n’imaginez pas, parce que j’ai fermé ma gueule, et je continuerai à la boucler. » 

Mort à 92 ans sans avoir révélé tous ses secrets

Il reconnaissait seulement qu’« Oradour était bien le bon endroit », écartant ainsi l’hypothèse d’une erreur. Il s’agissait selon lui de « représailles » et confiait à Régis Le Sommier que « nous avons dit : "Nous allons frapper un bon coup et on aura la paix.” ».

« L’histoire, on me l’a mise sur le dos »

Estimant avoir « payé [sa] dette », Georges Boos soulignait avoir « donné à l’époque ma promesse à Nussy-Saint-Saëns – le président du tribunal de Bordeaux en 1953, NDLR - que je ne parlerai jamais. [...] Certains points n’ont tout simplement pas été évoqués, et c’était bien comme ça. Et l’histoire, on me l’a mise sur le dos, à moi. Mais j’ai eu des conditions de détention très agréables en France. »

Il s’est donc éteint en toute discrétion en septembre 2015 à Völklingen (Sarre), à l’âge de 92 ans et sans avoir révélé tous ses secrets. Il reste encore quelques survivants de l’unité SS impliquée dans le massacre, en France, en Allemagne et en Autriche. Mais l’espoir d’un procès s’amenuise au fur et à mesure de leurs disparitions... 


Sylvain Compère

 

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