Hommage aux Justes de France

Les justes

 Si peu de Justes pour tant de juifs « sauvés » !

 

menorial.jpg

                                                                                                                                   Ménorial pour les Justes

N’est-ce pas là faire un tri et oublier ces centaines de milliers d’anonymes « animés, selon Lucien Lazare, par une priorité absolue, sauver son prochain, quel qu’il soit, en l’occurrence juif, en dépit des dangers pour eux-mêmes ou leur famille » ?

« Ils y a ceux qui cachaient, ceux qui donnaient l’alerte, ceux qui fournissaient les faux papiers, les tickets d’alimentation. On les appelle les Justes » écrit Henri Tincq lequel ajoute :

« Qui jamais saura combien furent ces Justes qui, parfois au péril de leur propre vie, ont sauvé des juifs de l’arrestation, de la déportation, d’une mort quasi certaine ? »

« Nous n’avons pas fait tout cela pour les honneurs » s’offusque une grand-mère de 92 ans qui veut taire son nom…

Si leur action doit être célébrée, c’est précisément parce qu’elle incarne des valeurs de fraternité et de tolérance qui ont fait la « grandeur » de la France « jamais les Justes ne se vantent d’avoir sauvé des Juifs » proteste Lucien Lazare qui ajoute :

« Il est impossible de faire un portrait du Juste. Ce sont des hommes et des femmes qui n’ont jamais demandé de distinction pour leurs actes :

c’est un trait commun des Justes. En période de pénurie générale, cela voulait dire subvenir pour une grande part à leurs besoins et donc partager les privations ; ce n’était pas de l’héroïsme d’un instant… C’est tel maire qui déclare ne pas avoir de liste de Juifs dans sa commune (liste pourtant obligatoire), ou tel policier qui pendant les rafles, prévient qu’il reviendra chercher les personnes dans « deux heures » et leur permettent donc de fuir. Ceux-là, on n’arrivera jamais à les identifier. Des Français anonymes ou des associations ont dit non par simple « réaction humaine » parce qu’on ne touche pas à la tête d’un enfant, et que la douleur d’une mère est insupportable. Même quand on est antisémite, ou pétainiste comme le maire d’Annemasse qui aidera des résistants à faire passer des enfants en Suisse. De nombreuses vies ont été ainsi à la merci de petits gestes et de hasards courageux. Mais cinq ou six évêques seulement sur une centaine, ont couvert les réseaux d’entraide aux enfants juifs.

×