IRENA SENDLER EST MORTE

Irena Sendler, la protectrice des enfants de la Shoah, est morte

Irena Sendlerowa, mieux connue sous le nom Sendler, s'est éteinte lundi à 98 ans. Infirmière au Bureau d'aide sociale de Varsovie dans la Pologne de 1940, celle dont le nom est resté quasi inconnu a sauvé la vie de 2 500 enfants juifs parqués avec leur famille dans le ghetto de Varsovie. Le Yad Vashem, mémorial israélien de l'holocauste, lui a décerné le titre de "Juste parmi les Nations" dès 1965, tandis que la Pologne a attendu l'an dernier pour lui rendre, enfin, un hommage solennel et proposer son nom pour le prix Nobel de la paix.

Cachés dans des valises, dissimulés sous des civières ou simplement glissés sous un manteau, Irena Sendler et quelques autres travailleurs sociaux autorisés à entrer dans le ghetto, ont conduit ces enfants juifs auprès de familles catholiques et de couvents prêts à les accueillir et à leur apprendre quelques prières chrétiennes pour tromper la vigilance des nazis.

Seule gardienne de la mémoire des enfants rescapés du ghetto

Irena, elle, a soigneusement consigné leur nom, leur prénom et ceux de leurs proches, en double exemplaire sur de fines feuilles de papier, afin de leur permettre de pouvoir retrouver, un jour, les leurs. Elle a ensuite glissé les listes dans deux bouteilles de verre distinctes et les a enterrées dans la cour d'une école. Arrêtée chez elle par la Gestapo le 20 octobre 1943, elle a gardé le silence. On lui a brisé les pieds et les jambes. Elle n'a jamais rien dit.

Condamnée à mort, Irena a eu la vie sauve, miraculeusement libérée sur le chemin de l'exécution grâce à la résistance polonaise (et notamment au mouvement Zegota, Conseil d'aide aux juifs, auquel elle appartenait depuis l'été 1942), qui est parvenue à corrompre un soldat allemand pour permettre son évasion.

"Je continue d'avoir mauvaise conscience d'avoir fait si peu" "On m'a éduqué dans l'idée qu'il faut sauver quelqu'un qui se noie, sans tenir compte de sa religion et de sa nationalité", expliquait-elle simplement, affirmant "avoir mauvaise conscience d'avoir fait si peu"

. "L'instinct de survie nous pousse à nous sauver nous-mêmes. Elle, elle, a sauvé les autres", avait rappelé l'an dernier, Elzbieta Ficowska, une "enfant" rescapée choisie pour lire la lettre d'Irena Sendler, trop faible pour assister aux cérémonies données en son honneur en mars 2007. L'assistante sociale catholique l'avait sauvée en 1942 alors qu'Elzbieta n'était qu'un bébé.

"J'appelle tous les gens de bonne volonté à l'amour, la tolérance et la paix, pas seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix", avait écrit Irena Sendler dans sa lettre. Le message d'une résistante hors pair qui avait toujours refusé le statut d'héroïne.

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source le point