LE LONG RETOUR

le Douaisis à l’heure de la défaite allemande

Des centaines de milliers de déportés et prisonniers reviennent en France au fur et à mesure de l’avance des forces alliées en Allemagne. La gare de Valenciennes est une des trois gares nationales qui reçoivent ces personnes avec pour mission d’organiser des convois afin de les faire partir chez elles, et ce dès le lendemain

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L’avancée des forces alliées en Allemagne a pour corollaire la libération progressive des camps de prisonniers et de déportés. Un million et demi d’hommes attendent avec impatience d’être rapatriés vers la France. Les retours s’échelonnent dès la fin avril dans des conditions proches du chaos.

En France, un plan de transport intérieur est mis sur pied avec quelques convois ferroviaires. L’organisation est opérationnelle à partir du 15 avril. La région du Nord voit ainsi arriver une masse d’hommes en provenance de Belgique ou d’ailleurs. Valenciennes a été désignée comme gare régulatrice parmi les trois retenues sur le territoire national. Elle est capable de mettre en marche des trains spéciaux à destination de toute la France. Des centres annexes pour les ressortissants du Nord sont en outre aménagés dans les gares de Lille et d’Hazebrouck.

Tous les jours, à la gare, sont formés des trains pour Paris, Marseille, Lyon, avec possibilité de correspondance à certaines bifurcations pour des destinations non desservies. Toute une organisation doit permettre aux intéressés de regagner leur domicile dans toute la France, dans la journée du lendemain (!). La demande est tellement forte au début du mois de mai qu’une liaison spéciale est ouverte vers Bordeaux avec correspondance à Tours, vers la Bretagne et tout l’ouest.

Les trains s’ébranlent de Valenciennes, en « batterie », dans la soirée, pour emprunter la voie Lille-Paris à Douai. Ceux, directs à destination du midi, empruntent les voies de la ceinture de Paris pour éviter une correspondance à Paris, saturé. Tous les trains spéciaux passent à Douai pour rejoindre la ligne vers Paris. Les prisonniers et déportés natifs de la région regagnent leur domicile en empruntant les rares trains en service entre Valenciennes et Douai. C’est ainsi que les Douaisiens arrivent par les quelques omnibus journaliers en provenance de Valenciennes, venant grossir le flux de ceux qui, depuis l’Allemagne, sont arrivés sur les aérodromes parisiens, du Bourget en particulier, et en empruntent les trains express en direction de LIlle

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Dès leur arrivée, par tous moyens adaptés, depuis les trains jusqu’aux camions réquisitionnés en Allemagne, les rapatriés, dont beaucoup arrivent par les voies ferrées belges, sont regroupés.

Longue procédure

Après l’accueil officiel dans la gare de Valenciennes, les déportés et prisonniers sont répartis devant des tables derrière lesquelles des préposés, aidés par les membres de la Croix-Rouge, remplissent les questionnaires adaptés à la catégorie : prisonnier de guerre, déporté politique ou « racial », Français partis dans le cadre du Service du travail obligatoire, travailleurs volontaires, etc. Ces questionnaires portent sur l’identité de la personne, la situation de famille, le numéro de l’oflag ou du stalag, le numéro d’unité, le nom du camp de concentration, les pièces d’identité détenues par l’intéressé, sa situation financière, le lieu du domicile et tous autres renseignements utiles à son bon retour chez lui et à sa réinsertion.

Puis chacun doit se soumettre à l’obligation de la douche, de la désinfection, de la visite médicale, de la radioscopie. Quand le processus est terminé chacun passe, dans le hall des Magasins modernes, en face la gare, devant des guichets pour recevoir des papiers d’identité, des titres de rationnement, la fiche de transport avec une couleur bien déterminée et la prime de libération. Enfin, ceux dont l’habillement est trop sommaire, reçoivent des habits décents y compris des costumes civils pour les déportés. Même ceux accueillis par leur famille, en majorité des Nordistes, doivent se soumettre à ces longues formalités. Après avoir reçu une collation avec café chaud et soupe chaude, servis par les secouristes, ils doivent se soumettre aux opérations d’identification car, parmi ce flot d’arrivants, s’immiscent des clandestins, y compris… des SS qui essaient d’échapper à la capture.

Source la vow du nord

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