LE SUICIDE D HITLER

Voici le document qui a signé la fin de Hermann Goering, un des plus hauts dignitaires nazis, et qui a précipité du même coup le suicide d'Hitler.

Il s'agit d'un télégramme envoyé le 23 avril 1945 dans lequel Hermann Goering s'adresse au Führer lui-même. Tombé aux oubliettes.

 

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Fin avril 1945, la guerre est perdue pour l'Allemagne nazie. Assaillie à l'ouest par les Américains et à l'est par les Soviétiques, elle est écrasée sous les bombes. Hitler s'est coupé de la réalité, reclu dans son bunker à Berlin. Le Führer n'est plus que l'ombre de lui-même, affaibli par la maladie, oscillant entre l'espoir insensé d'une victoire sur l'armée rouge et totale apathie.

Les plus hauts dignitaires nazis, réunis autour de lui, voient avec inquiétude leur leader perdre pied et la fin de la guerre arriver. Les luttes intestines pour lui succéder n'ont jamais été aussi fortes.

Hitler perd pied tandis que les luttes intestines pour lui succéder prennent de la vigueur

Seul Hermann Goering –désigné successeur d'Hitler– n'est pas présent. Il faut dire que depuis quelques temps, le commandant en chef de la Luftwaffe –l'armée de l'air– n'est plus dans les faveurs du Führer. S'il l'a aidé à ses débuts à accéder au titre de chancelier et a été très aimé du peuple allemand pour sa jovialité, il a commis depuis plusieurs erreurs militaires, qui ont notamment mené à la défaite de la Luftwaffe dans la bataille d'Angleterre. Il reste cloîtré dans sa fastueuse résidence de Carinhall.

Pleins pouvoirs

Mais Goering commence à s'inquiéter de la liberté d'action d'Hitler et craint d'être supplanté par Heinrich HimmlerMartin Bormann ou Joseph Goebbels. Un peu après minuit, il envoie un premier télégramme à Hitler, où il évoque ce fameux décret du 29 juin 1941 lui accordant les pleins pouvoirs s'il n'était plus en mesure de gouverner:

«Mein Führer,

Le général Koller m'a fait un briefing sur la situation; sur la base d'informations qu'il a obtenues auprès du général Jodl et du général Christian, vous avez mentionné certaines décisions pour moi et souligné que je serais, si des négociations devenaient nécessaires, en meilleure position que vous à Berlin. Ces déclarations m'ont paru si surprenantes et si graves que je me suis senti obligé de considérer, si aucune réponse ne m'est parvenue avant 22 heures, que vous avez perdu votre liberté d'action. Je devrais alors appliquer les conditions de votre décret et prendre les décisions nécessaires pour le bien de notre Nation et notre Patrie.

Vous savez ce que je ressens pour vous dans ces heures les plus difficiles de ma vie et je ne peux pas l'exprimer avec des mots. Que Dieu vous protège et vous permette malgré tout de venir ici dès que possible.

– Votre dévoué Hermann Goering»

Goering pensait-il encore pouvoir négocier la paix avec les Alliés? Ce télégramme était en tout cas ce qui manquait à Bormann, son ennemi acharné, pour l'accuser de haute trahison et achever de tuer ce qu'il restait de confiance pour Goering dans l'esprit de Hitler. Ce dernier reste d'abord indifférent à la nouvelle, isolé dans un état apathique, celui-là même avec lequel il avait accueilli toutes les nouvelles du jour, raconte Albert Speer (ministre des Armements au sein du IIIe Reich, celui-ci a publié deux autobiographies très précises sur le fonctionnement du régime nazi après avoir purgé sa peine de prison).

Trahison

Mais Goering commet une dernière erreur: anticiper trop vite la réponse du Führer en envoyant un peu plus tard d'autres convocation à plusieurs officiers. Cette fois, Bormann a gagné. Hitler entre dans une colère noire, une «explosion de fureur sauvage mêlée à des sentiments d'amertume, d'impuissance et de désespoir» selon Speer, et accuse Goering de trahison:

«Je le savais depuis le début. Je le savais que Goering était un fainéant. Il a laissé la Luftwaffe aller à la ruine. Il était corrompu. Son exemple rend la corruption possible dans notre État. D'ailleurs il a été un toxicomane pendant des années. Je le savais depuis le début.

Selon Speer, cette trahison de Goering a initié une crise importante dans la dégradation psychologique d'Hitler et a précipité la désintégration de ce qui restait du IIIe Reich.

Sa fureur laisse d'ailleurs peu après place au découragement le plus total:

«Bon très bien. Laissons Goering négocier la capitulation. Si la guerre est perdue de toutes manières, peu importe qui le fait

Ramassé par un Américain non germanophone, le télégramme reste à l’abri dans un coffre-fort de Caroline du Sud jusqu’en 1958

Une semaine après, Hitler et sa compagne, Eva Braun, se donnent la mort.

source le salt

 

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