LE15 AOUT 1944 UNE COLONNE ALEMANDE

lors âgée de 16 ans, Yvette a vécu ce drame avec toute sa famille. Elle évoque régulièrement ces heures, afin que personne n'oublie. - (dr)

Le mardi 15 août 1944, Yvette n'avait que 16 ans. Soixante-sept ans plus tard, elle se souvient néanmoins de la tragédie de Longeville. « J'ai vu de la porte de la ferme, les hommes marcher pour aller se faire fusiller. Nous étions retranchés et les Allemands sont venus fouiller notre maison à la recherche de maquisards », se souvient-t-elle. Yvette voyait souvent ces hommes qui étaient cachés dans les bois, près de Longeville. « J'allais dans un champ juste à côté et je les apercevais. »

Menacés par des mitraillettes

Le 15 août 1944, une colonne allemande survenait et massacrait quatorze de ces Résistants. Yvette est le dernier témoin de ce drame.

« Nous venions de terminer la vaisselle du déjeuner dans la cuisine de la ferme. Il régnait une atmosphère particulière. Soudain, s'entremêlaient des cris à notre bavardage familial. Toute la famille cessait ses activités et là, nous sommes restés figés. Le temps était comme suspendu. Nous tentions de comprendre ce qui se passait et nous avons entendu : '' Ce sont les Boches, vite renfermez-vous. Les gars à vos postes. '' Ma mère a tout de suite compris. Elle a fait en sorte que nous soyons protégés. Je me suis retrouvée à plat ventre sur le carreau, près de la fenêtre de la cuisine. Nous étions tétanisés. Nous nous sommes blottis les uns contre les autres et nous avons retenu notre souffle. L'horreur avait débuté. » Des bruits de pas se faisaient entendre partout. Le sol tremblait. Dehors, des coups de feux interminablement longs se mêlaient aux cris. « Puis, la porte de notre maison s'est brutalement ouverte, des dizaines de soldats allemands sont entrés. Ils parlaient très fort. Nous nous sommes levés, puis, ils nous ont alignés et tenu en respect à l'aide de mitraillettes. J'entendais toujours le vacarme à l'extérieur et les tirs qui ne cessaient pas. » Longtemps enfermés dans la cuisine sous la menace des armes, Yvette et sa famille allaient ensuite pouvoir quitter Longeville. Derrière eux, 14 héros venaient de perdre la vie au nom de la liberté.

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