LES SEIZE FUSILLES DE BESANCON

Trahis par Pierre martin, indicateur de la gestapo

 Devoir de Mémoire sur la Resistance Française

Le 15 septembre 1943, la prison de La Butte à Besançon sert de cadre à un procès intenté par l'occupant allemand contre un important mouvements de résistance, le groupe Guy Mocquet et les FTP de la région de Besançon. Ils sont accusés d'avoir commis des attentats contre des soldats allemands, des bureaux français de cartes d'alimentation, des voies ferrées, des écluses, des canaux et des lignes à haute tension et contre des dépôts d'armes et de munitions.

Le groupe avait été infiltré par le nommé Pierre Martin, indicateur de la Gestapo.

Traqué par la résistance, le traître Pierre Martin fut abattu en novembre 1943 à Besançon par Jean Simon, de Saint Claude, qui devait tomber lui même sous les balles nazies à Montbéliard le 27 janvier 1944.

Au terme des débats et malgré une admirable plaidoirie de la part de la défense, la sentence du tribunal de guerre allemand est la condamnation à mort pour les dix sept résistants Français issus de toutes les classes sociales. A l'issue de la lecture de l'implacable verdict, les condamnés à mort sont reconduits dans les cellules où ils viennent de séjourner trois mois et de subir d'odieux sévices.

Leurs défenseurs rédigent aussitôt des recours en grâce qui sont transmis aux autorités supérieures allemandes à Paris. Simultanément, des démarches sont entreprises par M. le Préfet du Doubs, par Monseigneur Dubourg, archevêque de Besançon et par M. le Consul de Suisse en vue d'arracher les malheureux à leur sort.

Un seul condamné va bénéficier d'une mesure de clémence. Il s'agit d'André Montavon, jeune étudiant de nationalité helvétique qui avait formé le groupe " Alsace " à l'université de Franche Comté. La légation de son pays d'origine parvient de justesse à faire commuer la peine capitale en emprisonnement et lui évite le peloton d'exécution.

Aucun des autres condamnés à mort ne sera gracié.

Le 26 septembre 1943 à l'aube, les seize malheureux sont réveillés par le directeur allemand de la prison de La Butte. Ils apprennent que leur recours en grâce ayant été rejeté, ils vont être fusillés quelques heures plus tard. Depuis une semaine, tous se sont préparés à cette échéance. Aucun d'eux n'a eu le moindre espoir de pouvoir échapper à l'issue fatale. Vers 6 heures, les prisonniers reçoivent chacun une feuille de papier et un crayon afin de rédiger une dernière lettre à leurs proches. Ils sont seize à écrire cet ultime message.

Seize à tenter d'exprimer par de pauvres mots à la fois leur amour, leur détresse et leur espérance en des jours meilleurs pour leur pays. Peu après avoir achevé cette douloureuse rédaction, les résistants sont conduits dans la cour de la prison et embarqués à bord de quatre camions étroitement gardés par des soldats ennemis. Puis le convoi s'ébranle dans le petit matin pluvieux et sinistre. Nombreux sont, ce jour là, les habitants de Besançon qui entendent, durant la traversée de la ville, des bribes de " La Marseillaise " et de " Sambre et Meuse " s'échapper de camions allemands bâchés filant à vive allure en direction de la citadelle.

L'acte final de la tragédie se déroule à l'intérieur de l'enceinte de la vieille forteresse autrefois construite par Vauban. Les condamnés sont alignés quatre par quatre face au peloton d'exécution. Le premier groupe tombe à 7 h 36, le dernier à 8 h 25. Plus tard, l'officier allemand qui commande l'opération rapportera en ces termes la fin des fusillés :

" Aucun d'entre eux n'a accepté de se laisser bander les yeux.

Ils sont tous morts courageusement en criant : "Vive la France ! "

" Raymond Aymonin (vingt ans), Jean Compagnon (vingt et un ans) Henri Fertet (seize ans) Philippe Gladoux (dix huit ans) Jean Paul Grappin (vingt et un ans) André Montavon (vingt quatre ans) René Paillard (dix huit ans) Paul Pacqueriaud (trente cinq ans) Marcellin Puget (vingt neuf ans) Roger Puget (vingt deux ans) Marcel Reddet dix sept ans) Gaston Retrouvey (dix huit ans) Baltazar Robledo (trente cinq ans) Georges Rothamer (vingt quatre ans) René Roussey (vingt six ans) Marcel Simon (vingt trois ans) Saturnin Trabado (trente deux ans) Ne les Oublions pas

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