MARCEL LOIDEAU

le colonel de Gaulle de septembre 1937 à août 1939.

Marcel Loiseau, Vendômois de 94 ans, voue à de Gaulle un véritable culte. Mais entendez bien seulement au colonel Charles de Gaulle. Marcel Loiseau, ancien du 507e RC commandé par le colonel de Gaulle de septembre 1937 à août 1939.

Le char du 14 juillet 1939 COMMÉMORATION Appel du général de Gaulle Quand Marcel Loiseau parle de Charles de Gaulle, c'est toujours du lieutenant-colonel qu'il a servi en 1938, incorporé au 507e régiment de chars à Metz. Il n'empêche que comme tous les ans, il participera ce lundi à Vendôme aux cérémonies commémoratives de l'appel du général. « Tout simplement pour honorer la mémoire du colonel », affirme-t-il.

Né le 30 juin 1918 à Brévainville, Marcel Loiseau n'a aucun trou de mémoire quand il s'agit de parler du grand homme. D'ailleurs, depuis des années, il noircit des dizaines de cahiers de sa petite écriture fine pour raconter ses souvenirs. « Je lis beaucoup pour replacer tout ça dans son contexte ».

Témoins les bouquins et revues soigneusement alignés sur les étagères de son petit appartement du centre de Vendôme, au milieu de panneaux souvenirs où sont cloués quelques-uns de ses anciens outils de bourrelier-sellier.

Et quand Marcel Loiseau parle de de Gaulle, c'est une succession d'anecdotes. Évocation du de Gaulle furieux de voir ses hommes de retour à Metz après l'affaire de la Ruhr, salués à l'automne 1938 par la population en pleine vendange. « " C'est bien la grande faiblesse de la France. On ne fleurit pas ses armes quand on vient de subir un échec diplomatique sans précédent ", nous avait-il lâché à propos des Accords de Munich. »

Souvenir du de Gaulle pointilleux pour constituer son régiment. « Quand je suis arrivé à la caserne de Metz, comme les autres du 19e bataillon, il a fallu faire une dictée. Dans le contingent qui lui était adressé, il voulait repérer les bons ouvriers de métier et nous jugeait aussi sur une page d'écriture… Du coup, après la visite des ateliers très modernes de réparation des chars, comme toutes les places étaient prises, je me suis retrouvé au bureau des permissions. »

" Il n'était pas désagréable mais très froid exigeant sur tout " Deux mois plus tard, Marcel Loiseau est affecté au bureau des ateliers de la compagnie pour établir les fiches de transports du matériel entrant et sortant. « De Gaulle vérifiait tout avant de signer. Et il y avait intérêt à ce que ce soit parfaitement présenté ! Il n'était pas désagréable mais très froid, exigeant sur tout. Et s'il n'était au régiment que de 7 h à 11 h 30 et de 14 h à 18 h, habitant avec sa famille en ville où son chauffeur le reconduisait deux fois par jour, il n'oubliait pas de passer régulièrement par les cuisines pour goûter les plats et même le matin à son arrivée pour voir le goût du café ! » Trois mois plus tard, Marcel Loiseau est enfin affecté à la sellerie pour la réfection des bâches et des sièges des camions. Et dans ses souvenirs, un mémorable 14 juillet 1939

 Édith Van Cutsem

 

Le char du 14 juillet 1939

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“ J’ai vécu deux ans auprès de de Gaulle ”

Marcel Loiseau est catégorique. « De Gaulle tenait son régiment d'une poigne de fer et ne laissait rien passer mais était juste avec les hommes et craint des officiers. Il attachait beaucoup d'importance à ce que les chars soient bien tenus… Pas toujours simple avec les engins qu'on avait, plutôt à la fin du rouleau avec sans arrêt des pannes ou des pièces qui cassaient. Mais il fallait se débrouiller, dépanner dans n'importe quelles conditions à l'arrière des lignes de feu dans les quatre camions ateliers qu'il avait fait aménager pour que le char aussitôt réparé reparte sur le terrain. » Et de se souvenir du 14 juillet 1939 où de nombreux régiments étaient réunis à Metz devant le général Henri Giraud, commandant de la Région militaire. « De Gaulle tenait au défilé mensuel des chars dans les rues de Metz, ce qui n'était pas toujours apprécié par la municipalité car les engins bousillaient les rues. Mais pour lui, il fallait à tout prix mettre les chars en avant. Et le 14 juillet 1939, lors du 150e anniversaire de la Révolution, ça a été une grande fête avec nombre d'animations populaires. Il a fait baptiser les chars par un prêtre, chaque blindé ayant sa marraine. La fête avait, bien sûr, commencé par un défilé avec d'abord les chars en épis devant la tribune officielle. Malheureusement, un char a tiré trop tôt et son tir est tombé sur des dragons, blessant chevaux et soldats. On a bien cru que nous allions tous être sanctionnés. Eh bien non ! Ce sont les officiers et sous-officiers qui ont été mis aux arrêts de rigueur. A nous, il a seulement dit que nous n'y étions pour rien et que nous pouvions aller manger ! » Souvenir encore de la fête du régiment du 14 juillet 1939. « Pour rigoler, avec une bâche et du carton, nous avions transformé un de nos chars sortis de Renault Billancourt en char de l'an 2000 invincible sur terre, air et mer… Et il avait fière allure ! » A l'époque, la France croyait encore disposer de la plus belle armée du monde.

E.V.LA Nouvelle république

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