< LES PENDUES DE MONTEFIL >

femmes victimes des épurations sauvages

Août 1944. Les Allemands ont quitté le camp des Chênes-Froids, à Monterfil. On annonce l'arrivée imminente des soldats américains. L'heure n'est pas qu'aux réjouissances, mais aux règlements de compte barbares contre de supposés « collabos ». À Monterfil, trois femmes en font les frais. Aides-cuisinières dans le camp allemand, elles sont accusées, à tort, de collaboration, tondues publiquement, exhibées dans les villages alentours, puis pendues et enterrées dans un bois d'Iffendic par un groupe de résistants de la dernière heure. L'affaire fera la une de L'Ouest Journal, qui relatera l'affaire et le procès en 1949. Un non-lieu et l'amnistie générale mettent fin à cette sombre histoire. Mais à Monterfil, le drame est encore dans toutes les mémoires. Les quatre soeurs Rosty ont vécu à Monterfil. Leurs parents et grands-parents également. Elles ont toujours connu cette affaire. « On n'a jamais oublié cela, on a vécu avec. Quand on était enfant, on passait toujours très vite près du chemin qui menait au bois où ont été enterrées ces trois femmes. Tout le monde l'appelait « Le bois des Pendues », se rappelle Lucette, la plus âgée. Soixante-dix ans après les faits, elles ont décidé de créer un collectif pour rendre leur dignité à ces femmes.