UN CHARNIER NAZI DECOUVERT EN AUTRICHE

Les restes de 220 personnes ont été découverts sur un site hospitalier au Tyrol et seraient des victimes des programmes d'euthanasie du régime nazi.

Par Antoine Kowalsk
Des analyses ont révélé que ces personnes avaient été enterrées entre 1942 et 1945. La société gérant les hôpitaux soupçonne que ces dépouilles sont «au moins en partie» liées aux programmes d'euthanasie menés pendant la période nazie. Une commission d'enquête a été nommée pour identifier les victimes. En 1925, Hitler écrivait dans Mein Kampf : « l'Etat doit se substituer à la nature défaillante et supprimer les existences inutiles ». Lors des débats du Tribunal militaire international à Nuremberg (1945-1946), on estima que le nombre total des handicapés mentaux ou physiques assassinés atteignit 275 000 sous le IIIe Reich. Cet aspect de l'Histoire du IIIe Reich est moins connu que celui des camps d'extermination. 

Retour en arrière. En octobre 1939, alors que la guerre vient d'être déclarée à la Pologne, la France et à l'Angleterre, Hitler s'engage dans l'application de ses écrits. Il signe alors une autorisation secrète afin de protéger les médecins et le personnel médical participant au programme, d'éventuelles poursuites. 

Baptisé du nom de code « T4 » le plan visait à l'origine les enfants et les adultes atteints de déficiences, d'anomalies physiques ou de maladies mentales. Après un temps d'arrêt en raison de protestations du clergé allemand les exterminations reprirent en août 1942 en toute discrétion. Les victimes ne furent plus assassinés dans des installations de gazage centralisés, mais par injection mortelle ou surdose de drogue administrée dans un certain nombre de cliniques à travers l'Allemagne et l'Autriche. La découverte de ce charnier à Hall, au cœur du Tyrol ne fait que mettre au jour un des innombrables sites de l'horreur nazie qui demeurent encore ignorés