UN COUPLE DE JUSTE

Bernar et Raymonde Charrault

Bernard et Raymonde Charrault vivent à Montrichard, avec leurs trois enfants. Bernard* livre du vin à Paris avec son camion.

La ligne de démarcation passe dans La commune, située sur le Cher.

En mai 1942, un ami commun qui travail dans la bijouterie lui fait connaître la famille Segal. Leurs fils, Marcel et David Segal, âgés seize et dix-neuf ans travaillent dans une usine d'assemblage d'avions, dans les environs de Paris. Durant le mois, ils sont convoqués au commissariat. Sachant que c’est le prélude à l'arrestation et à la déportation à Drancy, ils décident de prendre la fuite.

Raymonde Charrault* accepte de les conduire jusqu'à Montrichard, ville où coule le Cher, qui marque la ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone sud. Il a l'intention de leur trouver un passeur pour qu'ils puissent prendre le chemin de Tarbes dans les Pyrénées. Arrivé à Montrichard, il apprend par des amis que la garde sur la rivière a été renforcée et que tenter de la traverser serait risquer sa vie. Il conduit alors les deux adolescents chez lui, dans son petit appartement de deux pièces, chargeant sa jeune épouse de s'en occuper. Les deux garçons se cachent dans une meule de foin dans la cour pendant la journée, et le soir ils rentrent dormir dans la cuisine. Il faut chaque jour deux fois plus de nourriture que d'ordinaire, chose difficile à se procurer à l'époque. Aussi Raymonde* va, à bicyclette, se ravitailler chez des parents dans un village voisin.

Deux semaines plus tard, Bernard Charrault * tient sa promesse et fait passer la rivière aux jeunes Juifs, sur une péniche qui transporte du sable. Ensuite, ils poursuivent sans encombre leur route vers Tarbes. Quelques jours après, utilisant la même méthode, Bernard* va chercher le père des garçons, puis, malgré les risques, transporte Madame Segal et sa fille, accompagnées d'un religieux qui parle l'allemand. Lorsque le camion est arrêté par des soldats allemands qui demandent leurs papiers, la jeune fille montre sa carte d'étudiante. Sa mère, dont la carte porte le tampon «Juif», ne doit son salut qu'à l'intervention du prêtre qui réussit, non sans mal, à convaincre les Allemands de les faire passer.

Bernard Charrault* sauve la vie des Segal sans rechercher la moindre rémunération. Les deux familles restent liées après la guerre, partageant ensemble les bons et les mauvais moments.

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