UN TRAITE ET ASSASSIN

Georges Dubosc

Séduisant et d'un grand charisme, le "Capitaine Lecoz" se fait reconnaître par Londres après avoir mené quelques actions d'éclat dans le secteur de Loches, à la tête d'un maquis qui réunit une trentaine d'hommes. Poursuivi par les Allemands, il continue à mener la grande vie de châteaux en châteaux, se réfugie le 27 juillet 1944 dans la forêt de Brouard qui abritait d'autres maquis locaux, rassemble plus de 120 hommes en 5 jours et, le 3 août, s'installe sur la commune de Mareuil, aux lieux-dits Basfer et la Haute Méchinière ; il y retient, entre autres prisonniers, les propriétaires du château de Montpoupon. Après avoir rançonné les propriétaires d'Aiguevive, de Mesnes (M. Houzeau) et de Montpoupon, il se rend au Bas-Guéret. Albert et Jean Cuvelier assistent impuissants à la mise à sac de leur château, au chargement de leurs biens les plus précieux dans trois camions et ne peuvent que regretter la trahison de quelques proches qui ne s'opposent guère au pillage. La bibliothèque est épargnée mais ils doivent verser une rançon de 200 000 F or pour avoir la vie sauve. Lecoz n'en n'oublie pas moins la mission de redresseur de torts dont il s'est investi : peu après son passage au Bas-Guéret, il abat, "pour l'exemple", un jeune ouvrier agricole de la Haute Méchinière qui eut la maladresse de faire une quête peu appréciée du Capitaine. Poursuivant son "nettoyage" (sic), il fait une incursion le soir même dans le bourg de Mareuil, extirpe quelques noms de personnes suspectées de sympathie pour Vichy : deux d'entre elles sont immédiatement exécutées, sans jugement, au château de Razay à Céré-la Ronde. Arrêté le 21 octobre 1944, jugé pour 18 assassinats, Georges Dubosc, alias "Lecoz", fut démasqué comme usurpateur et bandit de grand chemin, condamné à mort et fusillé le 14 mai 1946 dans la cour de la prison d'Angers.
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